Pour un permis locatif bruxellois…

Encore trop de logements non-conformes ou à la limite de l’insalubrité se retrouvent sur le marché locatif. Les travailleurs sociaux évoluant dans le secteur « insertion par le logement » sont confrontés toutes les semaines à un public mal logé, et ce à différents niveaux : tant au niveau de l’état du bâti que du prix du loyer.

Dans les faits, que constatent les travailleurs sociaux ?

Les problèmes peuvent être de tout ordre : installation électrique ou gaz défaillante, châssis vétustes, sanitaires trop anciens, absence de lumière naturelle. Les cas les plus problématiques et malheureusement les plus récurrents sont ceux liés à l’humidité. Des tâches de moisissures ou d’infiltrations peuvent être aisément dissimulées à l’état des lieux. Quand les problèmes graves apparaissent, il est souvent trop tard pour le locataire…

Avec quelles conséquences ?

Les conséquences d’un logement trop humide sur une famille sont désastreuses : maladies (allergies, asthme), stress, avec à la clef des frais médicaux et un mal-être évident. Si le locataire veut faire valoir son droit, à savoir vivre dans un logement décent, il devra trouver le courage de s’opposer à son propriétaire, entamer les démarches administratives pour que le propriétaire réalise les travaux de mise aux normes de son bien. Malgré un éventuel contrôle des autorités, il arrive que le propriétaire ne fasse pas les travaux nécessaires, pour raisons diverses : négligence ou manque de moyens. Comble de l’absurde, si son logement est déclaré insalubre par les instances compétentes (DIRL, Communes), le locataire sera contraint de partir. Mais ne nous leurrons pas : dans la grande majorité des cas, le locataire ne fait rien. La peur de perdre son logement est trop forte… Nous posons donc la question : pourquoi faut-il que ce locataire, lésé à la base par un propriétaire n’ayant pas mis un bien correct sur le marché, doive en fin de compte assumer seul un problème qu’il n’a pas créé ? En effet, la situation de notre marché locatif ne laisse pas aux plus pauvres un choix immense : il y a une pénurie de logements décents et abordables pour les grandes familles à bas revenus. Si nous devions résumer cela en une phrase, elle serait celle-ci : « ou tu prends le logement, ou quelqu’un d’autre le prendra à ta place » ! 

Nous plaidons donc pour la mise en place d’un permis locatif. Nous sommes convaincus qu’il faut agir en amont des problèmes, pas en aval de ceux-ci. Ce permis devrait garantir pour chaque logement, au minimum une conformité légale en matière d’installation d’eau, de gaz et d’électricité.  L’intégrité physique, la santé du ou des futur(s) locataire(s) doit être une garantie. Idéalement, ce permis devrait pouvoir intégrer quelques éléments de confort de base : un équipement de chauffage entretenu, une isolation suffisante. Le débat n’est pas clos, nous développerons notre point de vue définitif dans notre document reprenant l’ensemble de nos revendications.