L'expulsion du Gesù : 5 ans déjà ! 

A l'approche du 5e anniversaire de l'expulsion du Gesù, les différentes associations impliquées dans le suivi ont organisé une conférence de presse devant ce bâtiment toujours vide. A cette occasion, les acteurs ont voulu alerter sur le bilan financier et humain de l'expulsion et sensibiliser les élus locaux et régionaux sur la problématique du mal-logement et du vide persistant. 

 À cette occasion, la FéBUL revient sur son expérience du relogement des expulsés: trop urgent, trop court. 

Dans l’immédiat de l’expulsion, le Cabinet du Secrétaire d’Etat en charge du Logement a lancé un appel au relogement aux acteurs la Région Bruxelloise. En parallèle à sa reconnaissance en tant que « Agence Occupations Temporaires régionale », la FéBUL a accepté la mission de relogement d’une partie des expulsés en partenariat avec le Fonds du Logement, le Foyer Forestois, la Commune d’Ixelles, de Watermael Boitsfort et l’Agence immobilière sociale de Schaerbeek.

 Le relogement organisé via des conventions d’occupation temporaire n’était prévu que pour 6 mois en moyenne, laissant peu de temps à l’accompagnement qui aurait été nécessaire à la fois pour stabiliser les personnes et pour trouver de nouvelles pistes de logement. La période était aussi bien trop courte pour définir un projet global et ressouder la communauté du Gesù autour d’un futur habitat commun.

 La majorité des énergies a donc été consacrée à « installer et désinstaller » les personnes dans une rapidité inhumaine, apaiser les conflits au sein du secteur et créer des liens entre les intervenants, et surtout activer tous les partenaires existants et potentiels pour essayer de prolonger les logements temporaires ou essayer de trouver des nouvelles pistes de logement. Une multitude d’efforts entrepris pour aboutir à des sorties très variées : la mise en place d’un réel projet d’accompagnement avec des partenaires publics ou la prise en charge par les organisations de charité chrétienne pour les uns, des procédures en justice très douloureuses pour les autres. Beaucoup d’énergies gaspillées et des parcours de vie chaotiques. 

 Malgré cette expérience mitigée, la FéBUL a continué à développer des projets, créer des nouveaux partenariats et soutenir des collectifs variés, dans le cadre de ses missions en tant qu’Agence Occupations Temporaires régionale. L’expertise tirée des projets a également alimenté l’étude « Les occupations précaires : Guide juridique et pratique », commandée par perspectives.brussels. 

 A la fois les projets d’occupation se multiplient, à la fois ils sont vus comme des projets trop alternatifs par certains. Pour alimenter les critiques et les confusions, les projets à finalité sociale ne sont pas les seuls à occuper le vide, des entreprises privées y ont vu l’occasion de développer un nouveau « marché » du temporaire.

Dans la recherche d’alternatives au manque de logements abordables qui reste criant, cinq ans après cette expulsion massive, le sens des priorités ne semble pas s’améliorer par l’adoption de la loi qui criminalise les squats. Un recours en annulation auprès de la Cour constitutionnelle a été déposé par une multitude de requérants et nous espérons qu’il réussira à réduire le climat répressif.

Cette action fut largement relayée dans les médias, ci-dessous, une série de liens pour en savoir plus :