Fin de projet à Binhôme

Depuis 2016, huit maisons et trois appartements étaient occupés grâce au projet Binhôme. Aujourd’hui, il se termine avec une majorité de personnes relogées. Une expérience positive d’occupation temporaire qui a fourni plusieurs clés de succès. 

Depuis 2012 l’Agence Occupation de la Fébul est active auprès de la Société de Logements Binhôme sur la commune de Ixelles. Grâce à notre expertise, nous avons dans un premier temps contribué à la conclusion d’une convention entre Samenlevings Opbouw et Leeggoed dans des appartements en attente de rénovation situés rue du Relais. Ce projet a permis d’ouvrir d’autres « portes » dans le quartier Volta. 

Envahie par les demandes de conventions, la direction opérationnelle de Binhôme nous a toujours fait participer aux différents dossiers. En 2016 nous nous sommes vu proposer concrètement d’occuper huit maisons et trois appartements. Nous avons pris le temps de préparer l’occupation avec divers profils afin de respecter la mixité du quartier. L’ASBL la Clé s’est vu confier deux maisons et deux appartements et un espace communautaire qui a servi de lieu de rencontre, de service, d’échange de pratiques et d’expériences. Les autres maisons ont été utilisées comme logement pour des familles et pour des logements de type collectif à destination de personnes isolées.

Aujourd’hui le projet se termine avec un maximum de personnes relogées. Nous pouvons être très satisfaits de la réussite de ce projet qui tient en 3 mots clés : partenariat, accompagnement, confiance.

- Partenariat; pour rappeler l’importance de communiquer avec son partenaire et nous remercions tous les travailleurs de la SISP avec qui nous avons eu des contacts.

- Accompagnement; pour maintenir le lien avec les occupants et les soutenir dans les démarches de relogement. 

- Confiance; pour se souvenir que sans elle, nous ne nous lancerions certainement pas dans ces projets, tellement les engagements de départ peuvent effrayer.

 

Véronique Gérard

Coordinatrice Agence Occupation

Ce 28 mars, manifeste pour le droit au logement

Le 28 mars 2020 aura lieu une grande manifestation nationale pour le droit au logement! La FéBUL et d’autres associations soutiennent et relaient l’appel européen à manifester. Cet appel à descendre dans les rues bruxelloises part d'un constat: 

Se loger est un droit fondamental. Pourtant, aujourd’hui en Belgique, des milliers de personnes dorment dans la rue. Des milliers de personnes n’arrivent pas à payer leur loyer. Des milliers de personnes vivent dans un logement insalubre, ou trop petit, et des milliers d’autres ont PEUR de ne pas trouver à se loger ou à se reloger dans des conditions décentes. Souvent, nous nous sentons seul·e·s et désarmé·e·s devant les difficultés liées au logement, nous avons honte, et pourtant il s’agit bien là d’un problème collectif.

Nous, une alliance nationale d’associations et de collectifs actifs dans la santé, la lutte contre la pauvreté, le droit à la ville et le droit au logement exigeons :

  1. Une baisse immédiate et un encadrement des loyers. Le logement n’est pas une marchandise.
  2. La fin des expulsions et un logement pour toutes les personnes sans-abri. Des logements dignes, salubres abordables et adaptés aux besoins des familles et des individus.
  3. La fin des logements vides ! Nous voulons que les sanctions contre les propriétaires qui laissent leurs logements vides en attendant que la valeur de leur bien augmente soient réellement appliquées. La fin de la criminalisation des occupations et du squat ! Nous demandons l’abrogation de la loi anti-squat tout en réfutant l’idée que squatter constitue une solution structurelle. L’immobilisme politique doit cesser.
  4. Une véritable gestion collective de nos logements et de nos lieux de vie, la reconnaissance de droits collectifs pour les locataires. Nous refusons que nos lieux de vie ne soient que le produit d’intérêts privés et de grands investisseurs.
  5. La construction massive de logements sociaux et la rénovation du parc social vétuste. Nous voulons plus de terrains et de bâtiments publics. Nous appelons au développement de coopératives de locataires, et à la gestion collective de nos immeubles. Le logement est trop important pour être laissé aux mains du marché.
  6. Un développement urbain et rural solidaire et écologique ! Un environnement de qualité, une isolation des bâtiments, une garantie d’accès à l’eau et à l’énergie pour toutes et tous.

 Ces revendications et toutes les informations sur la manifestation sont à retrouver sur le site officiel Housing Action Day.

 

Quand ? Samedi 28 mars, 14h

Où? Porte de Ninove (!! sous réserve d'autorisation, à confirmer !!)

Pourquoi? Le droit à l'habitat pour tou.te.s ! 

 

Clap de fin pour la recherche POTA

Après 3 ans, la recherche POTA se clôture. Cette recherche visait 3 objectifs: la mutualisation des savoir-faire et compétences, la mise en place de pistes de viabilité économique et la création d’un espace d’échange inclusif. Ces objectifs s’articulaient autour d’une finalité: la facilitation de la mise en place d’occupations temporaires autogérées comme une des sources pragmatiques de la crise du logement en région bruxelloise. En prenant du recul, quel ensemble se dégage donc de POTA au terme de ces trois années?

Premièrement, cette étude nous a permis de participer activement (et faire éclore) des actions telles que le premier festival inter-occupation de la région ; le film « L’extinction de l’espace », si bien accueilli par les différents publics à qui nous l’avons dévoilé ; l’Observatoire des Occupations, qui représente une plateforme virtuelle et une vitrine du milieu de l’occupation temporaire unique ; les guides à destination des occupants et des propriétaires enfin, qui témoignent d’un accomplissement en terme de partage de savoir-faire et pratiques en vue de faciliter l’occupation temporaire autogérée sur le territoire de la Région. Enfin, en raison de la richesse du dynamisme de l’occupation temporaire autogérée, nous sommes confiants dans la faculté de cette mouvance de continuer à porter les différentes actions initiées dans le cadre de POTA. À coup sûr, ce n’est pas parce que la recherche s’arrête maintenant que ces actions disparaissent. 

D’autre part, le travail de recherche a permis de mettre en lumière deux enjeux… et deux approches résilientes. Nous tenions à placer POTA dans une perspective résiliente. Après tout, c’est l’un des points nodaux de l’action co-create d’Innoviris. Nous préférons évoquer en réalité deux niveaux de résilience, face à deux enjeux : l’un propre au milieu de l’occupation temporaire ; l’autre plus large, qui touche à notre capitale et plus largement à notre monde socio-économique. 

Le premier niveau est très concret: l’occupation temporaire selon les valeurs et pratiques de l’auto-gestion, se raréfie en région bruxelloise, au détriment d’autres visions de l’occupation. Cette disparition se manifeste d’un côté par une répression et une diminution des possibilités d’occupation pour certains collectifs (la loi anti-squat ; la restriction de l’accès aux données des propriétaires) ; de l’autre par l’arrivée massive et irrésistible d’une vision de l’occupation city-market portée par les pouvoirs régionaux et privés. Cette arrivée se matérialise par une disparition du logement sur les grands sites vides mis à disposition d’occupations temporaires, par une professionnalisation généralisée des acteurs de l’occupation, enfin, par une réglementation des pratiques. Dans ce contexte, POTA et ses actions ont donc tenté de concrétiser une résilience au moyen d’une mutualisation des savoir-faire et connaissances ; au moyen de pistes de viabilité économique et d’un espace d’échange inclusif. Il s’agit bien ici d’une résilience au niveau régional et interne aux occupations temporaires véhiculant certaines valeurs et pratiques définies dans le cadre conceptuel. 

Le deuxième niveau de résilience est plus abstrait. Nous estimons que le droit à la ville est bafoué par le système économique et politique actuel. Cette mise en boîte de ce droit se traduit notamment par une impossibilité d’assouvir ses besoins primaires pour un certain nombre de bruxellois: logement inadéquat ou absent ; difficulté de se nourrir, de se vêtir correctement ; difficulté de se soigner, d’avoir accès à certaines infrastructures de la ville (parc, sport, centres culturels, etc.) en raison, par exemple, d’une augmentation de loyer trop importante dans certains endroits. Nous posons l’hypothèse que le futur porte en lui le risque de voir ce droit à la ville diminuer au fur et à mesure que l’Etat ne sera plus en mesure de remplir son rôle social. Cette hypothèse se construit autour de publications portées par une série de chercheurs, qui s’inscrivent dans une logique « collapsologique » de notre système. Bien que ce futur soit hypothétique, la situation présente démontre de toute façon que les valeurs et pratiques portées par les occupations temporaires autogérées constituent des modèles de vivre en ville utiles et intéressants pour Bruxelles. C’est en cela que ce qui est pratiqué et porté par ces occupations s’édifie comme une approche résiliente dans un système atomisant les relations sociales entre individus, d’abord pour le présent, mais aussi pour l’avenir, incertain. 

 

Sean Wanschoor 

En charge de la recherche POTA

Un guide pratique à destination des propriétaires

Trois guides ont été réalisés par la FéBUL, dans le cadre d’une recherche-action participative sur les occupations temporaires autogérées à Bruxelles. Pour ce troisième guide, il a été choisi de présenter aux propriétaires les diverses étapes qu’ils peuvent rencontrer durant la phase inoccupée d’un bâtiment. Cette période couvre ainsi les risques de laisser un bien vide; les possibilités pour y pallier; les avantages de conventionner son bien; pour terminer avec la fin d’une occupation et la suite de vie du bâtiment. 

Structurellement, ce guide s’axe autour d’une série de questions auxquels les chercheurs de la FéBUL tentent de répondre. Les réponses se basent sur l’expérience juridique de l’un des chercheurs, ainsi que sur les informations transmises par certains propriétaires ayant eu une expérience d’inoccupation de bâtiments leur appartenant. Une annexe est également présente, reprenant un exemple de convention ainsi que les coordonnées de l’Agence occupation. 

Concernant sa distribution, le guide propriétaire sera notamment distribué à la cellule logements inoccupés de la région, qui a témoigné son intérêt à diffuser ce guide lorsqu’elle rencontre des propriétaires de biens vides susceptibles de pouvoir conventionner leur bâtiment. Le guide sera également présent numériquement sur l’Observatoire des Occupations afin d’être consultable. Vous pouvez également le télécharger directement sur notre site. Enfin, il sera stocké à l’Agence Occupation qui pourra le cas échéant transmettre le guide lorsqu’elle est en contact avec d’éventuels propriétaires publics et privés. 

 

 

CoCoLo, quel avenir ? | Rencontre avec Madame Ben Hamou

Le 10 décembre dernier, c’était un événement tout particulier pour les délégué.e.s CoCoLo de la région bruxelloise. Ces locataires engagé.e.s dans le dispositif depuis 2017 (et plus longtemps pour d’autres), ont pu rencontré la nouvelle Secrétaire d’État au logement et à l’égalité des chances, Madame Nawal Ben Hamou. Une rencontre fortement appréciée et riche en échanges sur l’avenir du dispositif. 

Les délégué.e.s CoCoLo ont pu présenter leur manifeste, une publication qui compile des propositions d’améliorations du dispositif, fruit d’une réflexion menée tout au long de l’année. Madame Ben Hamou a également pu leur faire part de sa vision et ses intentions à l’égard du dispositif. 

Une relative inquiétude existe parmis les délégué.e.s CoCoLo quand à leur avenir, en tant que groupe local et en tant que dispositif régional. Le dispositif CoCoLo a démontré sa capacité à maintenir des habitants dans une dynamique d’action collective et à rassembler les volontés positives des uns et des autres dans l’optique d’améliorer leur cadre de vie. A partir de l’accompagnement que nous, la FéBUL,  développons depuis le début du dispositif, nous avons également constaté des dysfonctionnements nuisant à la poursuite de cet objectif. 

Nous restons convaincus qu’il est indispensable de favoriser les initiatives populaires en parallèle aux structures associatives et/ou professionnelles du travail social. En effet, une structure composée d’habitants qui se situe en dehors du système salarial et qui est composée de personnes, elles-mêmes touchées par les problématiques qu’elles veulent mettre en lumière, est un atout majeur à préserver. Il devrait être, selon nous, envisagé en complémentarité avec les travailleurs sociaux de terrain (PCS, SASLS, SISP). Partant du fait que les habitants sont experts de leurs quartiers, ces derniers ont un angle d’approche tout à fait pertinent qu’il convient de valoriser tel que le dispositif CoCoLo le permet. 

Nous avons bon espoir que nous pourrons travailler ensemble avec le cabinet de Madame Ben Hamou pour construire un dispositif participatif plus en phase avec la réalité du terrain et les besoins des habitants des logements sociaux de Bruxelles.